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== Une vertu ancienne et toujours actuelle == Dans la tradition classique, la maîtrise de soi — parfois assimilée à la force de volonté — était appelée continence (enkrateia en grec), et opposée à son contraire : l’incontinence (akrasia), c’est-à-dire l’incapacité à agir selon ce que l’on sait être bon. L’akrasia désigne cet état paradoxal dans lequel une personne agit contre sa propre raison, malgré sa pleine conscience des conséquences. La maîtrise de soi pouvait aussi se manifester sous la forme d’autres vertus : face au danger, elle devenait courage ; face à la contrariété, modération ou douceur de caractère. Dans la tradition chrétienne, cette lutte intérieure est souvent présentée comme un combat entre « l’esprit », orienté vers Dieu, et « la chair », encline au péché. Peu avant son arrestation, Jésus reprocha à ses disciples de s’être endormis au lieu de veiller : « L’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Matthieu 26:41.) L’apôtre Paul, lui aussi, exprime dans sa lettre aux Romains cette tension intérieure : « Je ne comprends pas ce que je fais : je ne fais pas le bien que je veux, mais je fais le mal que je hais. […] Le vouloir est à ma portée, mais non le pouvoir de faire le bien. » (Romains 7:15,18). Saint Augustin, dans ses Confessions, relate avec franchise ses propres résistances : « Je Te priais : “Donne-moi la chasteté et la continence… mais pas tout de suite.” » La vertu voisine de la tempérance (sôphrosynê en grec) fut longuement méditée par les philosophes de l’Antiquité, de Platon à Aristote.
Sources : fr.wikipedia.org
Pour ce dernier, la tempérance consiste à orienter ses désirs de manière mesurée, selon une juste moyenne. Elle s’oppose à deux excès : la démesure (ou l’intempérance), qui cède trop facilement aux plaisirs, et l’insensibilité, qui rejette même les satisfactions légitimes. Dans cette perspective, la maîtrise de soi n’est pas une simple répression des désirs, mais une éducation de ceux-ci. Aristote propose une analogie parlante : l’homme intempérant est semblable à une cité sans lois ; celui qui manque de maîtrise est comme une cité où les lois existent, mais ne sont pas appliquées.
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=== Petite enfance === Des études mettent en avant que les jeux avec engagement physique entre un parent (généralement le père) et le jeune enfant (avant trois ans) est un facteur de favorable à une meilleure autorégulation émotionnelle à l'age adulte.
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=== La tentation et la réponse contre-active === Le désir est une tendance affective orientée vers un objet, une personne ou une activité. Il s’accompagne généralement d’une attente de plaisir, ou du moins d’un soulagement face à un malaise. Tous les désirs ne se valent pas : ils varient en intensité, en durée et en fonction des individus. Un désir devient une tentation dès lors qu’il entre en conflit avec les valeurs personnelles ou les objectifs régulateurs qu’un individu s’est fixés. En d’autres termes, la tentation surgit lorsque l’attrait d’une satisfaction immédiate fait obstacle à un choix mûri ou à un engagement de plus longue portée. Une difficulté pour les chercheurs est que les objets du désir diffèrent considérablement selon les personnes. Pour étudier ces phénomènes dans des conditions réalistes, des psychologues ont recueilli plus de 7 800 autodescriptions de désirs sur une semaine. Cette enquête portait sur la fréquence, l’intensité, les conflits internes générés par ces désirs, ainsi que la capacité des participants à leur résister. Les désirs les plus fréquents et les plus puissants concernaient des besoins corporels de base tels que manger, boire ou dormir. Les dilemmes de maîtrise de soi apparaissent lorsqu’un objectif à long terme entre en contradiction avec une gratification immédiate. La théorie de la maîtrise contre-active (counteractive self-control theory) propose que, face à une telle situation, l’esprit humain compense en dévalorisant l’attrait du plaisir instantané et en rehaussant momentanément la valeur de ses principes ou objectifs durables.
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